ECONOMIE & MONOPOLY

Licences d’importation : La poule aux œufs d’or sous l’ère du gouvernement du « Patronat »

Monopoles d’État : Qui a dit que la fortune ne se transmettait pas par décret ministériel ?

C’est le grand drame de l’économie nationale. Enfin, « drame » pour le citoyen lambda, car pour une poignée de VIP du directoire, c’est plutôt le loto à tous les tirages. Le secret de cette alchimie moderne ? Les licences d’importation. Un système d’une générosité absolue qui permet à une joyeuse caste d’oligarques et de grands notables de détenir le monopole quasi-exclusif. Aliments pour bétail, moutons sur pattes, céréales, médicaments ou carburants : rien n’échappe à nos chers importateurs exclusifs.

Rabat– Al Ousboue

Il faut dire que les ministères savent recevoir. En distribuant ces précieux sésames, permanents ou « exceptionnels », ne soyons pas mesquins, l’État offre à ses grands patrons une opportunité historique de se sacrifier sur l’autel de la fortune. Résultat : une accumulation de richesses d’une insolente santé, entièrement financée par le contribuable-consommateur. Ce dernier a d’ailleurs le privilège unique de payer ses produits importés à des prix stratosphériques, largement supérieurs à ceux du pays d’origine. C’est cela, le rayonnement international !

Le mécanisme, d’une simplicité biblique, ferait pleurer d’envie n’importe quel étudiant en première année d’école de commerce : nos « barons de la sacoche » achètent à vils prix à l’étranger, puis revendent au prix fort sur le marché local. Comment font-ils avec la loi sur la concurrence ? C’est là toute la beauté de la chose : ils profitent de la loi sur la « liberté des prix » pour fixer les leurs en toute liberté, profitant d’une absence totale de rivaux. C’est ce qu’on appelle le libéralisme de cour de récréation : on joue, mais tout seul.

Mieux encore, le grand cœur de l’administration ne bat pas que pour un jour. Ces autorisations accordées aux heureux élus durent des années. De quoi leur laisser le temps de verrouiller le marché, de peaufiner leurs monopoles et de s’assurer des bénéfices qui dépassent l’entendement. Pendant ce temps, le citoyen, lui, reste sagement assis sur le banc des accusés, condamné à perpétuité à payer la note et à admirer les courbes de croissance… des comptes en Suisse de ses chers bienfaiteurs. Vache à lait, d’accord, mais avec le sourire !

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