
Aux prochaines législatives et municipales du Maroc, ce ne seront pas vraiment des inconnus qui viendront sauver la démocratie, mais bien la relève naturelle. Comprenez : les enfants des illustres dynasties locales qui tiennent les antennes régionales des partis comme on tient une boutique familiale.
Rabat – Al Ousboue
Pour ces héritiers, le scrutin s’annonce comme une simple formalité notariale : un petit passage en tête des listes « jeunesse » ou sur les listes régionales, et hop, le Parlement et les conseils locaux se retrouvent garnis à la carte. Certains parents/élus songeraient même à rester à la maison et à confier le siège, pardon, l’honneur, à leur progéniture. Ces derniers insisteraient fermement sur les responsables de partis et les coordinateurs régionaux pour caser leurs fils et filles dans les circonscriptions « gagnables ». On appelle ça la promotion méritocratique : mérite d’être né du bon côté.
Les observateurs, moins enthousiastes, parlent de transmission héréditaire des sièges. Traduction : pendant que les enfants de la politique s’installent confortablement sur la scène publique, les militants de terrain (ceux qui ont ramé, collé des affiches et mouillé la chemise) regardent la chaise tourner. Mais rassurez‑vous : la démocratie locale conserve toute sa stabilité… généalogique.



