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Mondial 2026 : La mairie de Casablanca invente la fan zone invisible

Coupe du monde à 1 heure du matin : la Mairie décrète-elle l'insomnie obligatoire ?

C’est le grand frisson mondial ! Le 13 juin prochain, nos valeureux Lions de l’Atlas affrontent le Brésil à New York. Bon, décalage horaire oblige, le coup d’envoi sera sifflé à 23 heures, heure locale. Ce qui signifie que la grand-messe footballistique s’achèvera joyeusement vers 1 heure du matin. Idem pour les matchs suivants. Une broutille.

Rabat– Al Ousboue

Mais alors que le peuple marocain trépigne d’impatience à l’idée de communier devant les écrans, une angoissante question existentielle taraude la capitale économique : où va-t-on pouvoir hurler sans se faire embarquer par la police ?

À la Commune de Casablanca, on a trouvé la parade absolue contre le bruit, le désordre et les dépenses inutiles : ne rien faire. Interrogée sur l’absence de fan zones officielles, ces espaces populaires qui avaient pourtant fleuri partout lors de la CAN, la présidente du Conseil communal, Nabila Rmili, a eu cette réponse d’une audace politique rare : « Rien n’est prévu pour le moment. » Circulez, il n’y a rien à voir. Surtout pas un match.

Heureusement, le conseiller municipal Karim Glaibi est là pour éclairer notre lanterne de sa science politique. Pourquoi une telle léthargie municipale à la veille du plus grand événement sportif de la planète ? Accrochez-vous : La Commune refuserait d’investir dans les écrans géants pour éviter « toute lecture politicienne ou électoraliste » à l’approche des élections.

Une délicatesse démocratique qui honore nos élus ! Offrir un match de foot gratuit aux administrés s’apparenterait donc à de la corruption électorale de haute volée. C’est bien connu, le Casablancais vend son bulletin de vote pour 90 minutes de match et une gorgée de soda tiède. Que les assoiffés de ballon rond se rassurent : la mairie compte généreusement sur le secteur privé et les associations pour faire le boulot à sa place. Le libéralisme a du bon.

Faute de places publiques, le peuple Marocain devra donc s’entasser dans les cafés. Mais à 1 heure du matin, la loi n’est-elle pas censée obliger les rideaux de fer à baisser ? C’est ici que l’on atteint les sommets du droit constitutionnel marocain.

Notre conseiller Glaibi, décidément très en verve, nous gratifie d’une superbe leçon de jurisprudence : « En l’absence d’un texte qui interdit l’ouverture à telle heure, le reste est permis. » Mieux encore, l’élu ose la question qui tue : « Est-ce qu’un agent d’autorité aura le droit de faire sortir des clients d’un café alors qu’ils suivent un match de l’équipe nationale ? »

Traduction pour les patrons de cafés : l’État a la frousse de gâcher la fête, alors profitez-en ! Le vide juridique est officiellement décrété « favorable ». En clair, tant qu’aucun décret nocturne ne vient jouer les rabat-joie, c’est l’anarchie festive garantie sous le doux régime du bon sens.

À Casablanca, le ballon tourne, le thé coule, et la mairie roupille. Tout est sous contrôle.

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