
Abdelilah Benkirane a retrouvé son arme favorite: la formule qui claque. À Tanger, il a durci ses attaques contre Aziz Akhannouch, allant jusqu’à l’accuser de «voler l’argent des Marocains». Une accusation politique lourde, lancée en pleine campagne électorale, à laquelle le chef du gouvernement est appelé à répondre sur le terrain politique.. et, si nécessaire, devant les institutions compétentes.
Tanger – Al Ousboue
Dans le viseur de Benkirane: les carburants, les importations de bétail, les médicaments, le dessalement de l’eau de mer et surtout les fameux 280 milliards de dirhams évoqués par Fouzi Lekjaa.
Le ministre du Budget avait lui-même affirmé que cette somme avait été mobilisée pour soutenir le pouvoir d’achat sans produire l’effet attendu. Voilà donc le paradoxe: une partie du réquisitoire de l’opposition s’appuie désormais sur une déclaration venue de l’intérieur même du gouvernement.
Le chiffre est lancé, les accusations s’enchaînent et chacun renvoie la facture au voisin.
Reste une question beaucoup moins spectaculaire: où sont les comptes détaillés, les résultats mesurables et les responsabilités clairement établies? Car en politique, une accusation fait du bruit.
Un document, lui, fait des comptes. Et à l’approche des urnes, le grand procès électoral est ouvert. Verdict: le 23 septembre, dans les isoloirs.



