
À Oujda, les festivals ont droit aux grands moyens, aux cérémonies et aux applaudissements. Les eaux pluviales, elles, n’ont besoin d’aucune invitation pour s’installer dans les rues et les maisons. À Sidi Mâafa et Sidi Yahya, les dernières inondations ont encore coupé des routes et envahi des foyers. Un spectacle récurrent, sans billetterie ni programmation culturelle.
Oujda – Zoujal Belkacem
Pour organiser une fête, les moyens se mobilisent, les responsables se déplacent et les caméras s’allument. Pour entretenir les réseaux d’évacuation, réhabiliter les quartiers et sécuriser les zones exposées au ruissellement, l’enthousiasme semble nettement moins débordant.
Les constructions proches des lits d’oueds sont-elles conformes aux règles ? Les autorisations ont-elles été délivrées dans les règles ? Et où sont les organismes chargés du contrôle lorsque les premières précipitations transforment les rues en torrents ?
Un festiva ne remplace ni les canalisations, ni l’entretien des routes, ni la prévention des risques. Et les projecteurs ne sèchent pas les salons inondés.
Les autorités semblent parfois mieux préparées à monter une scène qu’à empêcher l’eau d’entrer chez les habitants. Entre le ruban inaugural et la bouche d’égout, le choix des priorités mérite, lui aussi, un sérieux examen.



