
Heureux citoyens du Royaume ! Notre cher gouvernement, dirigé d’une main de maître (et de milliardaire) par Ssi Aziz Akhennouch, vient de réinventer l’art du budget de prestige : dépenser des sommes astronomiques pour des résultats microscopiques. Un concept révolutionnaire que la plèbe, dans son ingratitude chronique, persiste à appeler « un bilan en demi-teinte ».
Rabat – Al Ousboue
Emploi : L’usine à chômeurs (généreusement subventionnée)
Rappelez-vous la joyeuse promesse de campagne : un million d’emplois créés d’un claquement de doigts ! Quatre ans plus tard, le million s’est visiblement évaporé dans les couloirs du ministère. Mais que les jeunes se rassurent, le gouvernement a pensé à eux avec deux trouvailles magnifiques :
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« Awrach » : un programme formidable destiné à financer… les associations locales. Les jeunes chômeurs, eux, repasseront.
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« Forsa » : l’accélérateur de destinées. Vous vouliez devenir entrepreneur ? Vous voilà surtout surendetté avant même d’avoir vendu votre premier tapis. C’est cela, l’école de la vie.
Santé pour tous… ou presque
Le grand projet d’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) avance à pas de géant, mais à condition de ne pas être trop pauvre. Grâce à une application d’une souplesse de coffre-fort de son « indice social », l’administration a réussi l’exploit d’exclure de la gratuité des soins des millions de veuves et de femmes divorcées. Trop riches pour être soignées pour rien, trop pauvres pour se payer un doliprane. Un calcul d’apothicaire d’une rare élégance.
Retraites : Le trou noir à 80 milliards
Quatre ans que les ministres et les syndicats se regardent dans le blanc des yeux autour de la table des négociations. Pour sauver les pensions, le gouvernement a eu une idée de génie : vendre les murs des Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) pour récupérer 80 milliards de dirhams et les injecter dans la machine. Résultat ? Le système est toujours aussi bloqué, mais désormais, les hôpitaux appartiennent un peu moins à l’État. C’est ce qu’on appelle une gestion « en bon père de famille ».
Droits et libertés : Silence, on circule !
Sur le front des libertés, l’exécutif pratique une discipline olympique : le record du monde d’immobilité. La « Génération Z » réclame des perspectives ? Le gouvernement regarde ailleurs. Les militants du Rif ou de Figuig demandent de l’attention ? L’exécutif feint la surdité. Quant aux journalistes un peu trop curieux poursuivis par la justice, ils apprécieront le soutien indéfectible d’un gouvernement qui considère visiblement que le meilleur dialogue avec la presse reste le silence radio.
Bref, tout va bien dans le meilleur des mondes possibles. Pour le reste, il y a le budget.



