POLITIQUE & CUISINAGES

Panique sous la dôme : Akhennouch s’emmêle les pinceaux et perd son sang-froid face au PJD

La campagne 2026 a-t-elle déjà commencé ?

C’est bien connu, au royaume du business-gouvernance, on n’aime pas trop que les manants viennent fouiller dans les comptes. Lors de la dernière séance de questions orales au Parlement, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a offert un magnifique spectacle de claquage de portes et de cordes vocales. La faute à qui ? À cet impertinent d’Abdellah Bouanou, patron des députés PJD, qui est venu jouer les mouches du coche en lui balançant une volée de bois vert sur sa gestion très… « personnalisée » des affaires de l’État.

Rabat– Al Ousboue

Le premier scud de Bouanou a fait mouche : une mystérieuse petite sauterie organisée en catimini directement à la résidence privée du Premier ministre. Autour de la table : Son Excellence, son ministre de l’Agriculture, quelques hauts fonctionnaires dociles, et un média trié sur le volet. Le menu ? Secret d’État.

Quand l’opposition demande gentiment ce qu’on y a manigancé, le grand patron se crispe, s’empourpre et passe à l’attaque personnelle. Pensez donc ! Exiger de la transparence dans une démocratie, quelle drôle d’idée! C’est pourtant simple : si c’était pour le bien du peuple, pourquoi ce parfum de complot et cette crise de nerfs collective?

Pour couronner le tout, Bouanou l’accuse de faire son marché politique chez ses propres alliés de la coalition, en débauchant leurs élus avec des méthodes qu’on qualifiera poliment d’« informelles ». L’amour fou au sein de la majorité, en somme.

Le grand festival des marchés publics : Blé magique et bac de l’espace

Mais le festival ne s’arrête pas là. L’opposition a sorti la calculatrice et les dossiers qui tachent :

  • Les cargos fantômes : Des dizaines de navires chargés de blé se sont mystérieusement empilés dans le port de Casablanca, pile-poil avant qu’un décret ne vienne suspendre les importations. Un timing d’une précision suisse, alors même que la récolte marocaine est excellente et que le prix d’achat aux fellahs locaux est bloqué à 280 dirhams le quintal. Qui s’en met plein les poches pendant que le paysan local trinque? Mystère et gros sous.

  • Matrix au baccalauréat : Pour lutter contre la triche au bac, le gouvernement a cassé sa tirelire pour acheter des gadgets électroniques de détection. Résultat : un fiasco total digne d’un mauvais film de science-fiction, qui a terrorisé les lycéens, liquéfié les profs et coûté un bras au contribuable. On cherche encore le fabricant de cette merveille technologique pour lui décerner une médaille (ou un chèque).

  • Le copain du Trésor : Le summum de l’agacement d’Akhennouch a été atteint quand on a effleuré la nomination du nouveau Directeur du Trésor public. Une procédure piétinée avec enthousiasme, loin des règles de la haute fonction publique. Le Chef du gouvernement fait les questions et les choix, et tant pis pour les candidats recalés qui avaient le malheur d’avoir des compétences plutôt que des relations.

Un retour aux méthodes de 1981 ?

Plus tragique, mais traité avec le même dédain exécutif : la gestion du social. Pour la première fois depuis les sombres émeutes de 1981, l’opposition accuse le pouvoir d’avoir répondu à des manifestations de la « Génération Z » à coups de balles réelles. Ces dangereux terroristes en herbe réclamaient simplement des hôpitaux, des écoles, des jobs et un peu moins de corruption. La réponse de l’exécutif ? Circulez, il n’y a rien à voir, et surtout, fermez vos bouches.

Face à ce tir de barrage, notre Premier ministre a choisi la posture du noble outragé, toisant les députés du haut de sa superbe, comme si le contrôle parlementaire était une insulte à son emploi du temps de grand patron.

Bref, conclut Bouanou, la force d’une démocratie, c’est de répondre aux questions, pas de faire les gros bras. Mais pour l’instant, sur le pouvoir d’achat, le chômage record et le favoritisme ambiant, le gouvernement préfère manifestement appliquer la politique du canard… mais du canard laqué : muet, brillant en surface, et bien au chaud dans sa marmite.

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