RÉGIONS QUI RÂLENT

Harhoura | La mer est gratuite, mais le droit de s’asseoir devient un produit de luxe

Le sable de Harhoura est-il devenu trop noble pour les fessiers des pauvres ?

Avis aux indigents de Rabat, Salé et Témara : cet été encore, pour tâter de la vague à Harhoura, il faudra d’abord sortir le portefeuille.

Rabat– Al Ousboue

La rumeur voulait que la mer appartienne à tout le monde. Douce utopie ! Le conseil communal de Harhoura, présidé par le très inspiré Mohamed Lakhrif (parti de l’Istiqlal), vient de rappeler une grande loi de la physique moderne : le bien public est d’autant plus beau lorsqu’il est temporairement privatisé. Et comme une bonne idée ne vient jamais seule, le ministère de l’Équipement et de l’Eau a pieusement accordé sa bénédiction à cette sainte opération de racket estival.

Les heureux élus de cette grande braderie ? La plage des Contrebandiers (qui n’a jamais si bien porté son nom) et celle des Sables d’Or (bientôt rebaptisée « Sables en Or Massif »). Sur ces deux spots, de généreux entrepreneurs vont pouvoir s’étaler sur 1 200 m² de service public pour les étés 2026 et 2027.

Un jackpot communal pour avoir le privilège de louer des bouts de plastique à des estivants en sueur de 8 heures à minuit, le futur prestataire devra reverser à la commune la modique somme de 110 000 dirhams par mois. À ce prix-là, on espère que les grains de sable sont polis un par un à la main.

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