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Produits refusés à l’export : retour discret par la case consommation locale

Les contrôles alimentaires s’arrêtent-ils aux frontières ?

Au Maroc, la santé publique semble désormais se mesurer à la longueur des files devant les hôpitaux, les cliniques et les laboratoires d’analyses. Chaque jour, des milliers de citoyens patientent, parfois des heures, pour obtenir un diagnostic qu’ils redoutent déjà : examens, scanners, biopsies, chimiothérapies…

Rabat – Al Ousboue

Un parcours de santé devenu un véritable parcours du combattant, où l’on dépense autant d’argent que d’énergie, avec en prime une qualité de vie mise à rude épreuve. Pendant ce temps, certaines maladies avancent discrètement, mais sûrement, touchant des centaines de milliers de Marocains, ceux qui savent, et surtout ceux qui ignorent encore qu’ils sont déjà dans le viseur.

Pendant ce temps-là, à l’étranger, certains pays renvoient poliment au Maroc des cargaisons entières de fruits, légumes ou produits de la mer, jugés non conformes à leurs standards sanitaires. Trop de pesticides, substances douteuses, normes insuffisantes… bref, pas question de faire courir le moindre risque à leurs citoyens. Une vigilance admirable. Mais une petite question, à peine indiscrète : que deviennent donc ces marchandises recalées ? Disparaissent-elles mystérieusement dans un trou noir logistique, ou réapparaissent-elles, comme par enchantement, sur les étals de nos marchés ?

Étrangement, cette interrogation semble n’émouvoir personne parmi les conseils élus, pourtant généreusement financés par les deniers publics. Ces institutions, théoriquement chargées de veiller à la qualité des produits alimentaires vendus dans les marchés communaux, semblent avoir d’autres priorités. Vérifie-t-on réellement les fruits, les légumes, les viandes, les poissons proposés aux Marocains ? Les contrôles sanitaires sont-ils aussi rigoureux que ceux imposés par les Européens avant d’accepter nos exportations ? Ou bien considère-t-on, ici, que l’estomac du citoyen marocain est doté d’une résistance exceptionnelle ?

Car ailleurs, aucun produit n’accède au marché sans certificat de bonne conduite sanitaire : fraîcheur irréprochable, maturité naturelle, absence de contamination, traçabilité exemplaire. Chez nous, en revanche, malgré l’existence d’un impressionnant arsenal administratif (bureaux sanitaires, services économiques, agents communaux, sans oublier l’ONSSA, censée monter la garde), les consommateurs semblent évoluer dans une sorte de laboratoire grandeur nature où chacun teste, à ses risques et périls, la solidité de son système immunitaire.

Dans les marchés populaires, les petites épiceries de quartier, les joutias et les étals improvisés des vendeurs ambulants, les Marocains achètent chaque jour ce qui ressemble parfois aux coulisses peu glorieuses de l’exportation.

Alors, une question s’impose : ces aliments qui circulent librement, sans subir les mêmes examens méticuleux que ceux destinés aux consommateurs étrangers, ne participeraient-ils pas, eux aussi, à cette inquiétante progression des maladies graves ?

Et surtout, puisque tout système aime ses responsables quand tout va bien : qui assumera, cette fois, la responsabilité de cette menace silencieuse qui s’invite chaque jour dans nos assiettes ? Ou faudra-t-il, là encore, attendre que la réponse arrive… après analyse ?

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