POLITIQUE & CUISINAGES

Le retour de Benkirane : ancien capitaine, nouveau lanceur d’alerte

Après avoir tenu la barre, Benkirane peut-il encore jouer les sauveteurs ?

Benkirane ressort le sifflet d’alarme : le gouvernement maquille la vitrine pendant que le pays se vide

Rabat – Al Ousboue

Le grand théâtre politique continue, Abdelilah Benkirane a repris du service. Non pas pour gouverner, mais pour distribuer les cartons rouges à un gouvernement qu’il accuse de pratiquer le « zouaq » : comprendre, l’art très local de repeindre la façade pendant que les fondations craquent.

Lors d’un meeting partisan à Fès, l’ancien chef du gouvernement, redevenu commentateur en chef de la vie publique, a dénoncé avec gravité un pays qui glisse dangereusement entre les mains de ceux qui, selon lui, le « pillent » avec méthode, tout en le poussant doucement vers la faillite. Une accusation sévère, prononcée avec l’assurance de celui qui semble découvrir aujourd’hui les dégâts d’un système auquel il a pourtant longtemps participé.

Pour illustrer la montée de la tension sociale, Benkirane a convoqué à la barre la désormais célèbre « gen Z », descendue récemment dans la rue pour rappeler aux décideurs que les réseaux sociaux ne suffisent pas toujours à contenir la colère réelle. Un signal d’alarme, selon lui. Un simple « bug générationnel », diront peut-être d’autres.

Le patron du Parti de la justice et du développement a également rappelé une vérité essentielle : la stabilité professionnelle et matérielle n’est jamais garantie. Une révélation qui devrait rassurer les citoyens déjà confrontés à l’inflation, à l’incertitude économique et à la hausse continue des prix. Mais qu’ils se consolent : tout irait mieux s’ils suivaient de plus près les subtilités de la scène politique et prenaient, le moment venu, des « positions responsables ».

Selon Benkirane, la crise de confiance actuelle serait surtout le fruit de promesses non tenues et d’élus devenus experts dans l’art d’apparaître uniquement lorsque les manifestations commencent à bloquer la circulation. Une étrange dérive qui consisterait, pour certains responsables, à attendre que la rue crie avant d’ouvrir les oreilles.

Enfin, l’ancien chef du gouvernement s’est étonné du silence persistant de l’exécutif sur le délicat dossier des hydrocarbures. Entre profits records, sanctions annoncées et remarques du Conseil de la concurrence soigneusement rangées dans un tiroir, Benkirane s’interroge : le marché obéit-il encore aux règles de la concurrence, ou simplement à celles du plus fort… et du plus riche ?

Une chose est sûre : à défaut de diriger, Benkirane continue d’exceller dans un rôle qu’il maîtrise parfaitement : celui de vigie indignée d’un navire auquel il a pourtant lui-même tenu la barre.

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