
62 % d’abstention, zéro siège, mais une majorité numérique: le grand vainqueur du scrutin n’avait ni candidat, ni affiche, ni permanence.
Rabat – Al Ousboue
Le 23 septembre, les électeurs marocains ont offert aux partis une drôle de leçon de comptabilité électorale: 38,02 % de participation, donc 61,98 % d’abstention parmi les inscrits. Ils ont choisi une autre forme de bulletin: celui qu’on ne glisse dans aucune urne.
Pendant ce temps, les partis ont joué leur propre championnat. Le PAM est arrivé en tête avec 97 sièges, devant le RNI avec 66 et l’Istiqlal avec 65. Le Parlement aura donc ses élus, ses groupes, ses négociations et, bientôt, sa majorité gouvernementale.
Mais une question reste plantée au milieu de la salle: que signifie gouverner quand une large majorité des inscrits ne participe pas au scrutin ?
Les partis doivent convaincre ceux qui votent, mais ils doivent aussi comprendre pourquoi les autres ne viennent plus.
Le problème n’est donc pas seulement de savoir qui a gagné les 395 sièges. Il est aussi de savoir pourquoi près de deux inscrits sur trois ont laissé les autres décider à leur place.
Reste maintenant à savoir si les partis sauront entendre ce silence, plutôt que de simplement le comptabiliser.



