
À Oujda, la rentrée universitaire ne se contente pas de remplir les amphithéâtres. Elle remplit aussi les poches de quelques intermédiaires. Chaque septembre, les étudiants débarquent avec leurs valises, leurs inscriptions et un budget serré. Sur le trottoir, le fraqchi veille. Une chambre à louer? Il connaît. Un propriétaire? Il connaît. Une commission? Il connaît surtout.
Oujda – Zoujal Belkacem
Le personnage n’a pourtant ni agence, ni mandat, ni registre. Il est là, tout simplement, comme une tradition administrative dont personne n’aurait retrouvé le texte fondateur.
Le propriétaire n’a parfois rien demandé. L’étudiant non plus. Mais entre les deux, le fraqchi s’installe et facture son passage. Une sorte de péage privé sur le chemin du logement étudiant.
Combien de plaintes? Combien d’intermédiaires identifiés? Combien de poursuites? Mystère. Les autorités compétentes reconnaissent que le contrôle demeure «limité». Une formule diplomatique qui permet de dire «on ne sait pas» sans avoir l’air de le dire.
Et puis il y a le fisc. Des loyers encaissés chaque mois, parfois en espèces, sans bail ni quittance. Combien sont déclarés? Combien sont recouvrés? Là encore, pas de données officielles.
Il ne manquerait plus qu’un détail: les reçus.



