
À chaque rentrée scolaire, le Maroc se transforme en une immense foire où les manuels scolaires deviennent plus rares que la pluie en été.. Cette année, la Rabita des libraires tire la sonnette d’alarme : le marché du livre scolaire est officiellement passé en mode “souk freestyle”.
Rabat – Alousboue
Les manuels scolaires : nouvelle monnaie d’échange du marché informel
On croyait que seuls les légumes, les cigarettes et les chargeurs de téléphone avaient droit à la vente anarchique. Erreur. Les manuels scolaires ont rejoint le club.
Des vendeurs surgissent de nulle part, étalent des livres sur des cartons, proposent des prix défiant toute logique économique, et vous assurent que “c’est le même que celui de la librairie, juste moins cher”. Moins cher, oui. Mais aussi moins légal, moins traçable, et parfois… moins conforme au programme.
La concurrence déloyale : quand le vendeur ambulant devient professeur malgré lui
Les libraires, eux, regardent ce cirque avec la même expression qu’un surveillant de lycée devant une classe en pleine mutinerie. Ils voient des vendeurs ambulants, des épiceries, des bazars et même des marchands de tapis se mettre à vendre des manuels scolaires comme s’il s’agissait de tomates.
Résultat : Le marché du livre ressemble désormais à une compétition sportive où personne ne respecte les règles, mais tout le monde veut gagner.
Des prix “inférieurs à la valeur réelle” : le miracle économique de la rentrée
Certains vendeurs proposent des prix tellement bas qu’on se demande si les livres ont été imprimés dans une cave ou photocopiés dans un garage. La Rabita s’interroge : Comment vendre un manuel moins cher que son prix d’achat ? Réponse probable : Magie noire, contrefaçon ou génie du commerce informel.
Les familles : premières victimes de la foire aux manuels
Entre les prix qui flambent, les vendeurs qui pullulent et les libraires qui suffoquent, les familles se retrouvent prises en étau. Elles doivent choisir entre : payer plus cher dans une librairie organisée, ou payer moins cher dans un marché où la légalité est aussi fragile qu’un cahier de brouillon mouillé.
Dans les deux cas, le portefeuille souffre.
La solution : remettre de l’ordre dans ce joyeux bazar
La Rabita le dit clairement : Le problème ne vient pas des libraires, ni des familles, ni des programmes scolaires. Le problème vient de la vente informelle, devenue une véritable industrie parallèle.
Sans intervention urgente, la rentrée scolaire restera ce qu’elle est devenue : une course d’obstacles où le manuel scolaire est plus difficile à trouver qu’un taxi libre à l’heure de pointe.



