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Heure GMT : Le Maroc redécouvre le calendrier trois jours avant les élections

Et si l'heure légale n'était que l'heure électorale déguisée ?

Ah, la politique marocaine, ce théâtre où même les aiguilles d’une montre deviennent un enjeu électoral national. Le PJD et le RNI se livrent en ce moment à un combat de gladiateurs pour savoir qui a vraiment inventé l’idée géniale de… ne pas changer d’heure. Un exploit intellectuel comparable à la découverte de la roue.

Rabat – Al Ousboue

D’un côté, le PJD brandit fièrement un communiqué daté du 28 mars 2026, comme une relique sainte, pour prouver qu’il fut le premier à réclamer l’abolition de « l’heure Renault ». Pratique, ce nom d’ailleurs, Renault, la marque qui vend des voitures qui tombent en panne, et l’heure qui, elle, ne s’arrête jamais de faire souffrir les Marocains. Sauf que le PJD, dans un tour de passe-passe mémoriel digne d’un prestidigitateur de foire, oublie soigneusement de mentionner que c’est lui-même, sous Benkirane, qui avait pondu cette heure supplémentaire à l’époque. Aujourd’hui il s’en dédouane avec la légèreté d’un client qui rend un article défectueux sans le ticket de caisse : « on a évolué, on a grandi, on a compris ». Touchant.

De l’autre côté, le RNI jure la main sur le cœur que sa décision de rendre l’heure légale aux Marocains n’a strictement rien à voir avec les législatives prévues trois mois plus tard. Coïncidence remarquable : la mesure entre en vigueur le 20 septembre, soit trois jours avant le scrutin du 23. Trois jours. Pas quatre, pas dix, trois… Le genre de hasard qui donnerait des complexes à un horloger suisse.

Entre les deux, l’Istiqlal et le PAM se sont empressés de sortir leurs propres communiqués pour ne pas rater le train, ou plutôt l’heure, du bon coup médiatique. Même Abdellatif Ouahbi a ressorti son costume de sachant pour expliquer que tout ça résultait de « trois années de réflexion ». Trois années de réflexion pour décider de ne plus ajouter une heure. On imagine la salle de crise, les experts penchés sur des graphiques, les nuits blanches passées à consulter les astres.

Pendant ce temps, un député PJD s’est fendu d’une question officielle au ministre de l’Intérieur pour dénoncer le calendrier « suspect » de la mesure, lui demandant même de la repousser d’un jour après le vote. Une proposition d’une audace folle : et si, pour une fois, on laissait les citoyens dormir tranquilles sans calculer l’impact sur les bulletins de vote ?

Le fond de l’affaire, selon les analystes consultés, est limpide : ce n’est pas un débat de politique publique, c’est une bataille de communicants pour savoir qui appose son étiquette sur une décision que tout le monde réclamait depuis quatre ans, et que personne n’avait jamais eu le courage, ni l’envie électorale suffisante, de prendre plus tôt. Étude d’impact économique et sociale ? Jamais publiée. Bilan sérieux ? Aux oubliettes. Mais des communiqués de victoire ? Ça, on en a à revendre.

Moralité : au Maroc, il aura fallu quatre ans de plaintes citoyennes, une pétition nationale, l’Espagne qui menaçait de revenir à son heure normale et surtout un rendez-vous électoral providentiel, pour que des responsables politiques se souviennent soudain que dormir une heure de moins chaque soir, ce n’est peut-être pas l’idéal pour la santé publique. Il n’aura fallu que ça. Rien qu’ça.

Reste une question, que même « l’heure Renault » ne saurait résoudre : le jour où les partis marocains décideront de résoudre un problème sans calculer d’abord son rendement électoral, quelle heure sera-t-il ?

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