SPORT EN SUEUR

Foot marocain : La FIFA siffle la fin de la récré pour les clubs Marocains

Comment dit-on « dépôt de bilan » dans le règlement de la FIFA ?

Le football professionnel marocain replonge dans ses travers administratifs et financiers. La décision de la FIFA d’interdire à plusieurs clubs nationaux d’enregistrer de nouvelles recrues lors du prochain mercato estival jette une lumière crue sur la crise de gouvernance du secteur. Cette sanction restera en vigueur jusqu’au règlement intégral des litiges financiers et des arriérés de salaires dus aux joueurs.

Rabat– Al Ousboue

Le football professionnel marocain vient de réinventer le concept du mercato estival : ce sera le grand marché du « regarder mais pas toucher ». La FIFA, cette grande âme sensible au sort des portefeuilles vides, a sorti le carton rouge administratif. Une poignée de clubs d’élite se retrouvent interdits d’achats de nouveaux joueurs. Motif ? Une fâcheuse manie, très locale, d’oublier de payer les salaires. Un détail, en somme.

Au tableau d’honneur des mauvais payeurs, on saluera la performance de la Renaissance Sportive de Berkane (RSB). Qu’ils se rassurent, ils ne broient pas du noir en solo. Le club partage cette cellule de dégrisement financière avec d’autres monuments historiques du ballon rond, Le Wydad de Casablanca (WAC), Olympic de Safi (OCS), Olympique de Khouribga (OCK), Difaâ d’El Jadida (DHJ)… C’est ce qu’on appelle une belle cohésion nationale.

La sentence est simple : Pas de chèque pour les arriérés avant la fin juin, pas de nouvelles recrues pour briller sur la pelouse à la rentrée. Les présidents de clubs ont désormais trois semaines pour trouver de l’argent magique, sous peine de devoir aligner le soigneur et le chauffeur du bus sur le terrain la saison prochaine.

Cette joyeuse bérézina jette évidemment un pavé dans la mare de la fameuse « transition vers les sociétés sportives ». Un modèle moderniste et ultra-mûr, nous promettait-on dans les colloques feutrés. À l’épreuve des faits, le modèle ressemble surtout à une joyeuse transition vers la faillite virtuelle.

Nos dirigeants espéraient importer le capitalisme d’élite, ils ont surtout importé l’art de vivre à crédit. Reste une question cruciale : comment dit-on « dépôt de bilan » en langage FIFA ?

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